À la découverte des ateliers et des panélistes qui façonnent la réflexion culturelle et la professionnalisation des industries créatives
Du 21 au 25 janvier 2026, le Département du Plateau accueillera la première édition du Festival ÀṢÀ Jazz Baba, un événement qui dépasse largement le cadre du spectacle pour s’imposer comme un espace stratégique de réflexion, de transmission et de professionnalisation des Industries Culturelles et Créatives (ICC).
Initiée par l’artiste et percussionniste Jah Baba (Oladipo Abiala), figure emblématique du territoire, cette rencontre culturelle se déploie autour d’un fil conducteur ambitieux : Transmission – Créativité – Identité – Fusion – Rayonnement. À travers panels scientifiques, masterclass, ateliers spécialisés et rencontres professionnelles, le festival entend positionner le Plateau comme un pôle de pensée et d’action culturelle durable.
Un panel scientifique pour penser le développement par la culture

Le festival s’ouvre, le 21 janvier, par un panel scientifique de haut niveau consacré à une question centrale :
« Démocratiser la promotion culturelle et touristique dans les territoires : quels leviers pour un développement inclusif et durable ? »
La composition du panel illustre l’ambition de croiser expertise institutionnelle, expérience internationale et gouvernance locale. Autour de la table :
- William Codjo, Directeur général de l’Agence de Développement des Arts et de la Culture (ADAC), acteur clé des politiques culturelles au Bénin ;
- Doudou Sarr, Directeur du Dakar Music Expo (DMX) et manager international de Youssou N’Dour, porteur d’une vision panafricaine des marchés culturels ;
- Ousmane Aledji, dramaturge et directeur du centre Artisttik Africa, engagé dans la structuration artistique indépendante ;
- Dinon Adéboyo, Maire de Pobè, et Daniel Valère Setonnougbo, Préfet du Plateau, symboles de l’ancrage territorial du projet.
Les échanges visent à démontrer comment la culture peut devenir un levier structurant du tourisme, de l’économie locale et de la cohésion sociale.
Carrières artistiques : de la passion à la durabilité

Le 22 janvier, le festival met le cap sur la professionnalisation avec un panel dédié à une préoccupation majeure des artistes africains :
« Comment s’organiser concrètement pour bâtir une carrière artistique durable et en vivre ? »
Interviendront notamment :
- Boniface Sagbohan, Secrétaire exécutif du Conseil National des Organisations d’Artistes (CNOA) ;
- Éric Gbeha et Alain Laeron, experts ICC ;
- Marcel Zounon, Directeur de l’Ensemble Artistique National du Bénin et expert accrédité UNESCO.
Cette journée sera prolongée par une keynote de référence sur le dialogue entre musiques africaines et jazz, animée par Mawuto Dick (fondateur du Togo Jazz Festival) et Raphaël Sheyi Houedécoutin, ethnomusicologue et professeur de musique, offrant une lecture historique et contemporaine des circulations musicales afro-diasporiques.
Femmes, territoires et ouverture internationale

Le 24 janvier, deux temps forts viennent enrichir la dimension sociale et inclusive du festival.
D’abord, une table ronde consacrée à la place des femmes dans les ICC en milieu rural, réunissant élues locales, ingénieures culturelles et artistes, parmi lesquelles Lucie Ablawa Sessinou, Maire de Kétou, SarahYsha Mawuto, Faty Kouchekeo et Yredée Bamidélé Challa. Les débats porteront sur les freins structurels, mais aussi sur les leviers de transformation et d’autonomisation.
Ensuite, une rencontre d’inspiration autour des parcours internationaux d’artistes africains, avec les témoignages de Jah Baba, Doudou Sarr, Yèwè Yèton, Rachelle Agbossou et de l’icône togolaise King Mensah, offrant aux jeunes talents des repères concrets pour penser l’exportation artistique.
Ateliers, masterclass et immersion culturelle
Tout au long du festival, une programmation dense d’ateliers pratiques et de masterclass viendra compléter les panels : cinéma, mode, gastronomie, DJing, beatmaking, rap, coaching vocal, cuivres, sans oublier un speed-dating professionnel et une projection cinématographique.
La clôture, le 25 janvier, prendra la forme d’une journée “Tourisme, Arts et Transmission”, combinant parcours patrimoniaux, banquet yoruba et célébrations artistiques, affirmant la volonté du festival de relier création contemporaine et héritages vivants.
Une vision structurante pour le Plateau
Par la qualité de ses panelistes, la pertinence de ses ateliers et son ancrage territorial assumé, le Festival ASA Jazz Baba 2026 s’impose comme une plateforme stratégique de structuration des ICC. Plus qu’un événement culturel, il esquisse une méthode : penser le développement local à partir des savoirs, des talents et des identités du territoire.


