Quand les déchets plastiques deviennent des objets utiles : l’exemple inspirant de REPAC ACADEMY « Awa Lokan » à Pobè

Et si les sachets plastiques, longtemps considérés comme un fléau environnemental, devenaient une ressource pour l’éducation, l’artisanat et l’autonomisation des jeunes ? C’est le pari audacieux relevé par le Réseau d’Éducation par les Arts, la Culture et le Sport des Jeunes du Bénin (REPAC-SJ-BENIN) à travers les ateliers de valorisation artisanale des déchets plastiques organisés lors du camp Awa Lokan 2, en février 2025 à Pobè.

Dans un contexte national marqué par la persistance de la pollution plastique malgré l’interdiction officielle des sachets non biodégradables, cette initiative propose une réponse concrète, locale et éducative : transformer les déchets plastiques existants en objets utiles, durables et porteurs de sens.

Du ramassage à la création : une pédagogie par l’action

L’atelier débute par une marche écocitoyenne autour du complexe sportif du CEG2 de Pobè. Les jeunes participants collectent les sachets plastiques abandonnés dans leur environnement immédiat. Cette phase, loin d’être symbolique, constitue une première étape de sensibilisation : comprendre la pollution en la voyant, la touchant, puis en agissant.

Une fois les déchets collectés, place à la transformation. Les sachets sont lavés, séchés, découpés en bandes régulières, puis tissés manuellement à l’aide de techniques simples de nouage et de crochet. Aucun équipement industriel n’est requis : le savoir-faire repose sur la maîtrise des gestes, la patience et la créativité.

Au fil des ateliers, les jeunes fabriquent plusieurs types d’objets : paniers, contenants, objets décoratifs, mais surtout une innovation remarquable : des mini-ballons de handball artisanaux, entièrement conçus à partir de sachets plastiques recyclés.

Artisanat, écologie et insertion des jeunes

Au-delà de l’objet fabriqué, l’enjeu est humain et social. La valorisation artisanale des plastiques s’inscrit dans une stratégie plus large d’insertion socio-économique des jeunes, dont une majorité est issue de milieux vulnérables. Les compétences acquises – transformation de matériaux, travail manuel, créativité – sont directement transférables vers des activités génératrices de revenus.

« Nous ne faisons pas que recycler du plastique, nous formons des citoyens capables de transformer leur environnement », explique Zadok-Ange Hounkpatin, président de REPAC-SJ-BENIN et initiateur de cette innovation. L’approche s’inscrit pleinement dans les principes de l’économie circulaire et de l’économie verte, secteurs appelés à jouer un rôle croissant au Bénin face aux défis climatiques.

En combinant sport, artisanat et écologie, REPAC-SJ-BENIN répond à plusieurs Objectifs de Développement Durable, notamment l’éducation de qualité, l’égalité des genres, le travail décent et la lutte contre la pollution. Le taux de participation féminine, supérieur à 50 %, confirme la dimension inclusive du programme.

Dans un pays où les infrastructures de gestion des déchets restent limitées, cette approche manuelle, mobile et reproductible offre une alternative crédible, particulièrement adaptée aux zones rurales.

L’expérience menée à Pobè démontre qu’avec des moyens simples et une pédagogie adaptée, les déchets plastiques peuvent devenir une matière première pour l’artisanat local, l’éducation environnementale et l’autonomisation des jeunes.

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