Les 19-20-21 Septembre 2023, après les travaux qui ont conduit à la création du spectacle « Apocalypse, la fin n’est pas demain« , REPAC-SJ-BENIN, association porteuse du projet ECO-CRE’ARTS a offert à la population d’Ikpinlè, département du Plateau-Bénin et environs une messe artistique inédite grâce à une scène mobile installée sur un tricycle.

Déjà dans la soirée du 19 Septembre consacrant la Générale (1ère représentation) du spectacle, les artistes conteur, musicienne et plasticien avec la participation des 10 femmes transformatrices de manioc impliquées ont satisfait l’appétit artistique des invités autour d’une histoire qui chante, danse, conte et illustre les enjeux liés aux déchets qui découlent de la transformation agroalimentaire du manioc.
Le lendemain 20 Septembre, deux sites de transformation de manioc ont accueilli le spectacle. Femmes, enfants, jeunes et vieux, tout le monde était présent pour vivre environs une heure d’agréables moments à la fois divertissant et éducatif. En effet, le spectacle proposé sensibilise les populations sur un usage écoresponsable des déchets de manioc pour éviter les problèmes de santé physique et environnementale.
Cette deuxième journée de représentation a été également marquée par la mobilisation de plus d’une centaine de personnes et la présence honorable d’une délégation de l’Institut Français du Bénin, principal partenaire financier du projet. La délégation est composée de Fabienne Bidou, Directrice Déléguée de l’IFB et Marie Mourlon, Chargée des projets culturels de l’institution.







La troisième journée de représentation du spectacle a eu lieu au marché de Gari d’Ikpinlè le Jeudi 21 Septembre 2023 conformément aux dispositions du projet. Malgré les menaces de Dame Nature, l’effervescence et l’enthousiasme du public autour du spectacle étaient au rendez-vous. Pour une dernière fois, les artistes avec l’appui de l’équipe technique et administrative ont transmis leur message au moyen des arts pluriels dans l’espérance qu’il suscitera désormais un changement social pour une marche responsable vers le développement local et le développement durable à Adja-ouèrè et dans le département du Plateau en général.









Le tricycle : d’un véhicule de transport ordinaire à un dispositif de scène artistique mobile


L’innovation apportée à ce projet ne réside pas seulement dans l’intégration de femmes transformatrices de manioc à un processus de création d’œuvre artistique ; mais elle trouve surtout sa singularité dans le moyen utilisé pour la diffusion du spectacle. En effet, toutes les représentations du spectacle « Apocalypse, la fin n’est pas demain » ont été faites sur un dispositif de scène mobile pensé par REPAC-SJ-BENIN. L’initiative porte sur ses fonds baptismaux la troupe des éco-cré’arteurs, nouvel espace d’initiation et d’expression artistique des femmes, filles et jeunes de la communauté, engagé.e.s dans la trilogie Recherche/Création/Diffusion de spectacles à vocation de citoyenneté.
Retenez ! L’effervescence populaire et l’engouement qui ont agité la localité pendant ces trois jours ne sont pas motivés que par la curiosité de voir des femmes transformatrices de manioc jouer dans un spectacle artistique créé et diffusé pour elles et avec elles…. NON!!!
Ils ne sont pas non plus motivés que par la réussite d’une œuvre artistique mixte alliant chants, danses, musiques et illustrations plastiques pour porter un message d’impact communautaire…. NON!!!
Ils résident plutôt et surtout dans l’innovation apportée dans le moyen utilisé pour la diffusion du spectacle.
OUI!!! L’équipe de REPAC-SJ-BENIN sous la direction artistique de Zadok-Ange Hounkpatin a pensé un tricycle sorti de son contexte d’usage traditionnel et ordinaire. Une moto tricycle transformée, façonnée et réappropriée dans une démarche de circulation mobile du produit artistique. Voilà l’essentiel de la touche qui a davantage enflammer l’engouement, favorisé la forte mobilisation et suscité le vif intérêt de la population consommatrice de cette œuvre.
« Apocalypse, la fin n’est pas demain »: un spectacle pluridisciplinaire de sensibilisation à l’écocitoyenneté.

Ce spectacle est le fruit d’un travail d’immersion des artistes au cœur de la communauté des femmes transformatrices de manioc. Il raconte l’histoire atypique d’un groupe de jeunes pour apporter un essai de réponse à la problématique de gestion des déchets en général ?
Voilà ! Trois jeunes réunis au sein d’un mouvement appelé « Sèkpô-Gang » se retrouvent en prison pour avoir ramassé des déchets de manioc. Pourquoi voler des déchets ? Comment peut-on se retrouver en prison pour avoir ramassé des déchets sources de maladies et de pollution de l’environnement ?


Dans ce spectacle, l’histoire atypique de Sèkpô-Gang est racontée, chantée, illustrée et dansée par des artistes qui intègrent la communauté de vie et de travail des femmes transformatrices de manioc d’Ikpinlè; femmes dont l’activité économique est source d’insalubrité et de pollution environnementale et sanitaire de la commune d’Adja-Ouèrè; commune considérée comme faisant partie des productrices et transformatrices de manioc de premier rang au Bénin.


Judicaël CAKPO
